Elaboration de la porcelaine
Sa préparation se réalise en quatre grandes étapes : préparation de la pâte, façonnage ou modelage, décoration et cuisson.
- La composition :
La porcelaine est une céramique fine et translucide qui, si elle est produite à partir du kaolin par cuisson à plus de 1 200 °C, prend le nom plus précis de porcelaine dure. Elle est majoritairement utilisée dans les arts de la table. Sa spécificité est d'être élaborée à partir de:
-une argile blanche réfractaire, le kaolin, composé de silice et d'alumine qui sont issus de la décomposition du granit. L'utilisation dans la fabrication de la porcelaine, est une découverte et invention chinoise, qui n’a été introduite en Occident qu’au XVIIIe. La découverte de kaolin dans le Cotentin ( "Pieux") amène la création d'une manufacture à Valognes (Manche).
Le kaolin apporte à la pâte solidité et résistance aux hautes température.
-du feldspath qui permettra, en raison de sa réaction à la cuisson (rôle de fondant), de vitrifier à 1410°.
-du quartz, qui sert d'« ossature » aux pâtes dont il assure la bonne tenue à la cuisson
-de la craie pour sa blancheur
- La préparation :
Le kaolin arrive "brut" à la manufacture, aussi est-il délayé dans de l'eau pour être nettoyé et épuré : la bouillie obtenue devient la "barbotine". Ensuite on y ajoute finement broyé : feldspath, quartz, craie ; ce mélange (50% de kaolin) sera tamisé, filtré et pressé. Enfin, une dernière opération, le désaérage qui permet d’éliminer toutes les bulles d’air qui auraient pu rester à l’intérieur de la terre ou de la pâte. Une période de repos (20 jours) apporte de la plasticité qui favorisera son façonnage.
Ces opérations manuelles de "marche à pâte" évolueront avec l'arrivée de machines (ex : le "broyeur", la "désaréeuse" qui produira des boudins de pâte découpés en galettes de pâte)
- Le façonnage ou modelage :
-Calibrage : la pâte est calibrée par estampage sur une forme, cela consiste à presser ou à mouler de la pâte de porcelaine dans un moule ("une forme") pour lui donner une forme spécifique
![]() | ||
1900:Atelier de coulage : procédé de façonnage.
|
![]() |
Séchoirs dans la cour Nord |
- La cuisson
- Première cuisson "de biscuit": après séchage, les pièces rangées dans des "gazettes" pour les protéger des cendres et de la flamme, subissent une première cuisson à 800°/1000°C pendant 24H nommée aussi le "dégourdi", puis un lent refroidissement pour obtenir une porcelaine qui a perdu sa plasticité mais demeure poreuse et fragile.
- Pose d'un décor : facultatif, il s'agit de teintes limitées car produites à partir de cobalt (bleu) , chrome ( vert)... utilisés à Bayeux et qui résistent aux hautes températures.
- Émaillage ou vernissage : on la trempe dans un bain d'émail (pigments métalliques) qui va recouvrir d'un revêtement (émail ou vernis).
- Deuxième cuisson "Grand feu": il s'agit de transformer l'émail en film vitrifié par cuisson entre entre 1 260 °C et 1 300 °C, mais certaines porcelaines, selon leur composition, ont besoin d'une température de cuisson supérieure (jusqu'à 1400 °C = "le grand feu") dans un four classique. Cette cuisson de 24H à haute température provoque une vitrification en profondeur qui assure l'étanchéité.
- Décoration : facultatif, selon l'ornementation, elle est appliquée à la main sur l'émail, souvent des tons riches et variés.
- Troisième et dernière cuisson "le feu de moufle" à 800° au bois.
Le four à moufle comporte une double enveloppe. La chaleur circule entre les deux parois externes, évitant le contact direct des flammes et des cendres avec les pièces à cuire
![]() |
Atelier des peintres |
![]() |
Atelier des peintres |
Tableaux (1890): Huiles de Louis David Mouillet Paris 1856-Bayeux 1932
![]() |
Emaillage |
![]() |
Emaillage |
![]() |
Le Four |
![]() |
Encastrage dans le four |