Monastère des Bénédictines

CREATION DU MONASTERE

 En 1648, deux moniales, Madeleine et Marguerite d'Escoville, filles de Robert d'Escoville,  reçoivent la mission de fonder "Le monastère de la Sainte Trinité" afin d'initier la vie monastique à Bayeux.

Histoire sommaire de la ville de Bayeux de Michel Béziers 1773 


Le 13 décembre 1648, le Monastère Sainte Trinité de Bayeux voit le jour,  rue de la "Potherie" grâce à la libéralité de Messire Robert Le Vallois d'Escoville et de son épouse, qui assurent la charge matérielle, et à Madame de Budos, Abbesse de l'Abbaye royale Sainte Trinité de Caen, fondée en 1066 par la Reine Mathilde et son époux Guillaume le Conquérant.

Cette fondation se réalise dans un faubourg de la ville - dit de la poterie-  non loin du château, au numéro 17 sur le plan. Sortie de terre en 14 mois,  cette réalisation s'inscrit dans une période de réaction au du catholicisme français face  à la montée  récente du Jansénisme.

Madeleine d'Escoville en devint la première abbesse et s'éteint le 30 janvier 1672. La communauté compte alors  28 sœurs.


Détail du plan de Bayeux en 1780.
avec la ville entourée d'une muraille comprenant le château
et, à proximité, faubourg de la Poterie l'important Monastère des Bénédictines


BENEDICTINES ?


Les Bénédictines font référence à une communauté religieuse féminine qui suit la règle de saint Benoît, un ensemble de préceptes monastiques établis par saint Benoît de Nursie au VIe siècle. Les Bénédictines sont souvent associées à la vie monastique contemplative, la prière et le travail manuel, suivant le principe de l'ora et labora (prière et travail). 
Mère Saint Stanislas Kostka.

Elles vivent en communauté et n'assurent pas de missions apostoliques en dehors de leur monastère. À l'intérieur de la communauté, on distingue les novices, aspirantes à la vie religieuse, et les professes, religieuses ayant fait les trois vœux de religion. Il s'agit des vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté.
Elles sont engagées dans diverses activités telles que l'éducation, les soins de santé, et la vie communautaire.
Actuellement on compte environ 11500 bénédictines pour 470 monastères



LOCALISATION

Extrait ouvrage "Bayeux au siècle des Lumières" de C Huet

Aujourd'hui,  les bâtiments sont situés à proximité de la place De Gaulle (ancien château)  à l'angle des rues  : Maurice Schumann  (ancienne rue  des Terres) et rue de Verdun (ancienne  route de la Mine de Littry)

MONASTERE DES BENEDICTINES à BAYEUX


La communauté se développe rapidement. Obéissant à la règle de Saint Benoît qui souhaite un juste équilibre entre prière et travail, deux activités se dégagent, l'enseignement prodigué aux jeunes filles et l'accueil de personnes âgées.

Le 10 septembre  1701, les Moniales s'affilient à l'Institut des Bénédictines du Saint Sacrement fondé, à Paris par Catherine de Bar en 1653. L’abbaye, accueillant élèves et personnes âgées, prospère rapidement et cela, jusqu’à la Révolution.

 Le monastère  étend son domaine sur 10 Ha, jusqu’à la route du Pont Roé et la route de Barbeville. Les religieuses ont entouré leur propriété d’un mur en pierre qui délimite leur espace mais leur a coûté fort cher.

On ne connait pas  la nature  et l'emplacement des bâtiments composants le monastère tels la chapelle ou église, le réfectoire, toutefois la présence d'arcades  du bâtiment B, façade sud,  confirment l'existence  d'un cloître sous forme d'une simple galerie.


La chapelle ou église  existait 

"L'église fut achevée en 1659 et la Maison Conventionnelle plusieurs années après"


Histoire sommaire de la ville de Bayeux  de Michel Béziers 1773 

"L'église est bien décorée, on y voit un magnifique mausolée enrichi de bas reliefs et de figures en bosse" (mausolée =monument funéraire)

Histoire sommaire de la ville de Bayeux de Michel Béziers 1773 

Il ne subsiste rien de la chapelle. Les autres bâtiments ont conservé leurs fenêtres de l'époque"
(source : Abbé Jean Marie ) 

Armoiries des Le Valois d'Escoville
retrouvées dans un mur de l'ancien monastère"


Le cloître existait

Aujourd'hui, on devine  la présence d'une une galerie cloître qui était strictement réservée aux sœurs. Elle a habituellement une fonction de circulation et de desserte des différents lieux communautaires: la chapelle, la salle capitulaire, le dortoir, le réfectoire, mais on ne connait pas ces emplacements !

Aujourd'hui : arcades Sud, vestiges du cloître du monastère
1890 : photo de l'ancien cloître caché par un appentis abritant des cuves de décantation


« Les religieuses ont une fort belle maison, elles ont fait une grande dépense pour fermer leur enclos de belles pierres qui ne fut achevé qu’en 1690 »
(J Hermant)

"Les bénédictines bénéficient d’un grand d’un grand entretenant jusqu’à la route de Barbeville…Tous ces services d’aide requièrent de multiples installations et constructions spécialisées. Outre la chapelle, les salles d’étude, les dortoirs, et les réfectoires, il faut prévoir parloirs, celliers, caves, pressoirs, laveries, commodités, bâtiments pour abriter le bétail, et la volaille, de cours réservées aux élèves, des jardins, potagers et d’agrément ainsi que des champs pour l’élevage et des vergers pour les pommiers cidricoles." (C Huet)


La révolution

La révolution de 1789 disperse les moniales : les sœurs sont chassées de leur monastère. Le 18/08/1792  les « congrégations religieuses supprimées à l’initiative de l’Assemblée nationale ».  Aussi,
est-il  évacué en 1792, l'ensemble offre un grand espace et de nombreux locaux aux portes de la ville qui   sont confisqués. Les 28 religieuses expulsées vivent alors par petits groupes dans des maisons particulières à Bayeux. Quelques unes sont emprisonnées.

Pendant la révolution le monastère des Bénédictines a servi de magasin de fourrage et de caserne ; c'est peut-être à ce moment que la chapelle a été détruite puisque que, désormais, elle ne sera plus jamais évoquée.

La révolution terminée, sœurs ne peuvent réintégrer leur monastère. 
En 1794, après vente publique du mobilier, les immeubles communautaires furent adjugés au citoyen Etienne Giffray de Bayeux.(source : Abbé Jean Marie)
Il sera acheté  en 1810, en état de délabrement,  par Mr Langlois pour installer une fabrique de porcelaine.

 En 1795 les champs appartenant aux religieuses seront acquis par la ville pour en faire le nouveau cimetière de l’Ouest

Cette fabrique cessera de fonctionner en 1951. Le bâtiment sera longtemps à l'abandon avant d'être entièrement rénové au début des années 2000 pour devenir une résidence, nommée " Le Monastère".



Le Monastère en ruine



LE NOUVEAU MONASTERE,  Couvent rue St Loup


Les Bénédictines reprennent la vie commune, en 1804, à proximité de leur ancien monastère, rue Saint-Loup, dans une partie d'un ancien couvent de Cordeliers établis à Bayeux du vivant de Saint François. Elles ne sont plus que 8 sœurs. Elles achètent une partie du couvent des Cordeliers  qui existe depuis 1222.
En 1805 la communauté compte 13 sœurs.
De 1806 à 1856, années difficiles, trop peu nombreuses et vieillissantes, malgré ses efforts, la communauté ne parvient pas à émerger du dénuement matériel ni de la pénurie des vocations. 
Toutefois, jusqu'en 1825, les sœurs continuent d'acheter progressivement l'ancien monastère des Cordeliers sans pour autant parvenir  à en obtenir l'entièreté. La dernière partie, actuelle maison Saint Michel sera enfin obtenue beaucoup plus tard.


Dessin anonyme à la plume entre  1714 et 1747



La communauté demande une Prieure au Monastère Saint Nicolas de Port, en Lorraine, qui lui envoie une jeune et dynamique moniale Mère Saint Stanislas Kostka.

Sous son impulsion, la communauté revit. De nombreuses jeunes se présentent. En 1860, débute la construction de l'église, puis le Monastère actuel, travaux qui s'étalent de  1865 à 1899. Pour faire place aux nouveaux bâtiments, une partie du couvent de Cordeliers est alors démolie. Ce qu'il en reste date du XVII siècle.

Ces travaux permettent l'extension du pensionnat qui sera fermé en 1904. Les bâtiments abritent alors successivement des personnes âgées, de jeunes anglaises en vacances. Pendant la guerre de 1914 on y accueille des blessés.
Entre 1939 et 1945 le nombre sœurs  monte à 150 par l'accueil de 90 moniales Bénédictines de Caen pendant 1 an et demi. Et de 1941 à 1946, il accueille le Grand Séminaire de Bayeux.

De 1948 à 1978, il est occupé par l'ADAPT (Adaptation au travail des jeunes handicapées physiques).




Le monastère actuellement

Ensuite, cette grande maison bien située permet d'exercer l'hospitalité selon l'esprit de Saint Benoît. Ce lieu de ressourcement est proposé aux jeunes et moins jeunes, seuls ou en groupes. Tous peuvent partager la prière et rencontrer une moniale s'ils en éprouvent le besoin. Ou participer aux sessions organisées autour de différents thèmes de réflexion pour approfondir la vie spirituelle. 

Dans les années 2000 la communauté s'engage dans l'accueil de touristes.  Une rénovation totale  du bâtiment d'hôtellerie permet d'ouvrir les portes   aux groupes, retraitants et désormais aux touristes depuis 2002.


De plus, divers ateliers, notamment la reliure et le microfilmage, ainsi que
-le magasin "La Joie Saint Benoît"  
Ouvert tous les jours de 15h à 17h 15 
et,  
- l' hôtellerie de  24 chambres 

 contribuent à subvenir aux besoins de la Communauté et au partage avec les plus démunis à travers le monde.



 Hôtellerie monastique : gîte et couvert sont proposés au cœur du monastère aux touristes 
A droite la bâtiment hôtellerie de 24 chambres



Sources :
-"Histoire sommaire de la ville de Bayeux" de Michel Béziers 1773 
( Lire en ligne  page 169 à 173)

-"Histoire du diocèse de Bayeux" par  Mr Herman" 1705

-"Bayeux au siècle des lumières - Embellissements, urbanisme et architecture au XVIIIe siècle" de Christiane Huet. 2001
.
-"Bayeux Ville d'art, les constructions religieuses" par l'Abbé Jean Marie. 1968 


-Documentation des Bénédictines de Bayeux

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