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L'après guerre : la fin !

1945 : Reprise

De Gaulle à Bayeux
6 juin 1946

La fabrique réussit  à conserver une certaine activité pendant la première guerre mondiale, résista bien fort bien à la crise économique de 1936.

La seconde guerre mondiale paralyse  et désorganise la production de la manufacture qui ferma à deux reprises : de  juin 1940 à juin 1941  puis  d'avril 1944 à septembre 1945


La manufacture ouvre ses portes le 1° septembre  1945 sous forme d'une SARL " Manufacture porcelaine de Bayeux" avec un nouvel administrateur R Dagron qui accompagne la famille de Jean Pierre Morlent.

La manufacture reprend ses activités, les fours tournent car la demande est forte mais il faut moderniser car les fours centenaires sont en mauvais état avec des voutes qui menacent de s'effondrer.



Comment reconstruire ? 
Fours ronds intermittents ou  nouveaux fours à feu continu  ou "fours -tunnels"? La dernière option est retenue. (voir l'article dédié)
Un problème se pose : seuls les allemands maitrisent depuis les années trente cette technologie  qui fait économiser l'énergie,  régule la qualité et facilite le travail de la main d'œuvre malgré un travail de nuit. Il est exclu de travailler avec les  deux sociétés allemandes qui en fabriquent.
On se tourne vers des sociétés  françaises qui ne peuvent soumettre que des projets pour créer  2 fours :  l'un  de 30 m  de long à 800° pour le dégourdi, l'autre  de  50 m à 1410° pour l'émail. Les études  patinent pour trouver l'emplacement des fours  au monastère.
On décide  de faire des travaux importants :  garder les bâtiments anciens pour la pâte, et construire côté jardin, "un très beau bâtiment en béton armé, à deux étages", adossé au bâtiment Nord dont les planchers rejoindront les planchers existant du monastère.

Quel constructeur ?
Pour le choix du constructeur, il faut suivre les recommandations de la  puissante SFP qui délivre les "bons matière" pour la fabrication (Société Professionnelle de Porcelaine") qui s'associe avec  l'EICT (Etudes industrielles de Constructions thermiques" dirigée par Mr Sylvany. Les plans arrivent :
-Four à dégourdir de 28 m au premier étage (il faut un plancher qui supporte 5 T au m²) à côté de l'atelier de coulage du petit four
-Four émail de 48 m de long au rez de chaussée qui se prolongera dans le bâtiment côté Est. Le  nouveau bâtiment devra mesurer  56 m

Quel combustible ?
Le gaz ! mais l'usine à gaz de Bayeux est vétuste et ne peut guère  produire plus. On installe  une station gazogène sous un bâtiment  à construire au delà des fours. Le gaz sortant devra être épuré dans une eau renouvelée, manque de chance l'eau de la ville manque de pression et connait de coupures !  une tentative de puits à 70 m de profondeur ne donne pas assez de débit, donc on va construire un château d'eau 

Et l'électricité ?
En  1946, le courant est souvent coupé en raison des coups de vent, incompatible avec avec la continuité de cuisson des fours, il faut donc installer un groupe électrogène de 40 KVA à démarrage automatique..

Et l'avancement des travaux ?
Des surprises , comme le piteux état des poutres de bois lors de la pénétration du four sous l'atelier de coulage nécessite de couler  sur l'aile rue des Terres un  nouveau plancher béton au premier et au grenier.  Sur ce même chantier, on trouve des cranes et os humains qui se révèrent être ceux des fondateurs : le seigneur d'Escoville et son épouse inhumés en 1670 et 1674 de part et d'autre du grand autel, en effet ce bâtiment abritait l'église du couvent des Bénédictines. Les restes furent transportés chez les bénédictines, rue Saint Loup. Il y aurait six ou sept autres corps  sous le béton.


1 Juillet 1949 : Tout est prêt, réorganisé  avec des nouveautés


A l'étage des Bâtiments A et B le cloisonnement a été détruit au profit d'un vaste atelier en L de 30 m de long de 460 m² pour le coulage sur une  double table zinguée  de  2x 4 m de long et sur des tables circulaires tournantes

Nouveau bâtiment
au fond château d'eau

Four tunnel à dégourdir, première cuisson 800°
Premier étage. 1950
  • Nouveau bâtiment
    • RDC : Four tunnel cuisson à 1400° entouré de voies de service
    • Etage 1 :Four tunnel cuisson à 800° entouré de voies de service et de stockage de pièces ( au niveau des ateliers de coulage Bât A et B)
    • Etage 3  avec ses demi voutes paraboliques de béton juxtaposées terminé par une verrière Stockage des pièces. Il sert  pour
      • Finitions 
      • fabrication des produits en pâte plastique.
      • calibrage grand creux et plâtrerie
      • extrémité ouest : filage de tubes
     
  • Bâtiment A Etage 1  (cloisonnements détruits)
    • Atelier de coulage creux et grand creux
  • Bâtiment A : Grenier Etage 2
    • Stockage moules de calibrage  et plâtre à modeler
  •  Bâtiment B en  RDC:
    • monte charge  pour  monter les pâtes et autres charges lourdes
    • marche à pâte  avec 2 nouveaux filtres-presses
    • marcheuses batteuses remplacées par une désaéreuse (USA)  qui fait sortir   des gros cylindres de pâte prête à l'emploi sans bulle d'air

  •  Bât B  Etage 1 (cloisonnements détruits)
    • Calibrage sur bosse (assiettes, plats, tasses, ramequins)
    • Atelier de coulage petit creux ( petites pièces : capsules, creusets)

  •  Bât B  Etage 2
    • calibrage petite bosse et petit creux
    • calibrage plâtrerie

  • Extrémité Bat B 
    • Bât 1 :Epoussetage et émaillage surmonté du château d'eau
    • Bât 2 :  Gazogènes
    • Bât 3 : Parc à charbon

  • Ancienne bâtiments cour rue des Terres devant Bâtiment A : elles est couverte pour le stockage, tri et emballage  des produits pour la sortie en vue d'expédition

  • Bâtiment Route de Littry : Conciergerie, bureaux laboratoire en RDC. Les  2étages sont  aménagés en 3 appartements de fonction.

  • Paris : Nouveau magasin moderne , rue ND de Nazareth avec un catalogue luxueux..


    Les Plans



Le dernier Catalogue de  1950

MISE EN ROUTE
  • 1 Juillet 1949 : mise en chauffe des fours tunnels
    Jamais les fours gazogènes ne fonctionneront de manière stable.
    Les pertes de cuisson sont immenses, le constructeur n'est jamais  parvenu  à  mettre au point ses fours, c'est lui  le responsable.
    Les tribunaux ont reconnu la carence du constructeur, mais trop tard.
    Progressivement les problèmes techniques du fabricant de four alliés à d'énormes difficultés financières en raison des pertes amènent...

  •  Dépôt de bilan le 30 juin 1951 de la manufacture.
    • Fermeture définitive le  31 juillet 1951
    • Juillet 1954 :  La Société des Anciens Etablissements Parvillée Frères achète le fonds de commerce et le matériel qu'il transporte  dans l'usine de Cramoisy (Oise) qui fabriquera des porcelaines de   marque BX, mais qui ferma en  1959. 
    • Le matériel est envoyé dans une autre usine à Saint Genou (Indre)
    • Et...  Michel Morlent devint le directeur commercial et technique du département "Bayeux" jusqu'à sa retraite en  1977 qu'il passa  à...Bayeux !









Le Monastère en ruine ( non daté)


Source  principale :

 La porcelaine de Bayeux 1812-1951 De la fabrication à la collection. Musée du Baron-Gérard



AGRANDISSEMENT 1945-1951

 L'AGRANDISSEMENT AMENE LA FIN  DE LA FABRIQUE

La fabrique réussit  à conserver une certaine activité pendant la première guerre mondiale, résista bien fort bien à la crise économique de 1936.
La seconde guerre mondiale paralyse  et désorganise la production de la manufacture qui ferma à deux reprises. 
La Libération permet de rependre la fabrication le 1° octobre 1945.

Il fallut moderniser en ayant recours à des investissements importants : la force électrique fut installée et on construisit de nouveaux bâtiments en béton armé avec intégration d'un four tunnel de 40 m de long électrifié, il  devait être un des plus performants d'Europe, à une époque où commence seulement  à  apparaitre ce nouveau  type de cuisson. 
Malheureusement le constructeur ne parvint pas  à le mettre au point et les "pertes de cuisson" furent très importantes. Pourtant cette nouvelle technique portera ailleurs (Limoges) d'excellents résultats.

Progressivement les problèmes techniques du fabricant de four alliés à d'énormes difficultés financières amènent le dépôt de bilan le 30 juin 1951 (ou 31 juillet 1951 ?) de la manufacture.
C'est la fin de la porcelaine de Bayeux.


Les premiers fours tunnels industriels apparaissent fin des années 40. Nous ne savons rien du four tunnel de Bayeux, technique utilisée, par contre, jamais il n'a fonctionné correctement causant de  lourdes "pertes de cuisson".

Afin d'essayer de comprendre cette technologie, nous proposons une présentation d'un four-tunnel de la même époque (1949) installé à Limoges (et qui a fonctionné jusqu'en1991). Il est probable que la technologie du four de Bayeux devait être  relativement proche.

A cette époque, les établissements Legrand en 1939 en utilisent un à Limoges destiné à la cuisson des porcelaines électrotechniques.
En 1949, la Compagnie Générale de Construction de Fours, réalise son nouveau four tunnel (procédé Bernardaud) à Limoges alimenté au gaz de ville puis au gaz de Lacq (1954).
Ce four est construit en brique, avec ossature métallique. Il fonctionnait 24 heures sur 24, pour une cuisson de l'émail à 1400 °C. D'une longueur de 35 mètres, la durée de passage d'un wagonnet était de 32 heures environ, parcourant moins de 2 centimètres par minute : 20 heures de cuisson, 12 heures de refroidissement.
Chaque wagonnet
, formant la sole du four, avait une capacité de charge de 1 m3. 24 wagonnets circulaient à l'intérieur du four, 15 à l'extérieur. 24 brûleurs étaient répartis de chaque côté de la première moitié du four, assurant la montée progressive de la température jusqu'au centre du four (1410 °C).
Dans la seconde moitié du four s'opérait le refroidissement à l'air. Chaque extrémité du four est obturée par une porte qui coulissait verticalement, soulevée à l'entrée ou la sortie d'un wagonnet.
Il a fonctionné jusqu'en  1991.

Ce mode  de cuisson produit des pièces plus solides et sans défauts, et, augmente de facto la capacité de production. La manufacture entre ainsi dans une logique industrielle, sans renier les exigences d'un métier basé sur des techniques artisanales

(SOURCE)


PLAN  DES NOUVEAUX BATIMENTS
[cliquer sur le lien pour comparer avec le plan  des bâtiments en 1884/1948]









 

LES REALISATIONS  : DOUBLE BATIMENT juxtaposé au BATIMENT B

Vue aérienne 1956
On distingue clairement la toiture courbe des 2 nouveaux bâtiments dans le "parc"
et  une construction avec verrière en toiture plate dans la cour Est
(emballage et expédition)


Vue aérienne 1956
On distingue clairement la toiture courbe des 2 nouveaux bâtiments dans le "parc"

La toiture courbe moderne  des  nouveaux bâtiments
et la cheminée des fours.
A gauche la toiture du bâtiment C et au fond, à droite,  la toiture du bâtiment A




Intérieur du bâtiment : dernier ètage

Façade extérieure très moderne...

Four tunnel à dégourdir, première cuisson 800°
Premier étage. 1950





FERMETURE ET ABANDON
Vue Ouest-Est, niveau garages actuels
des nouveaux bâtiments juste avant  la destruction


Le bâtiment en début de destruction 




DESTRUCTION DES BATIMENTS D'APRES GUERRE


Les nouveaux bâtiments s'encastraient dans le bâtiment A
et  obstruaient la façade du bâtiment B


Après destruction, Le bâtiment B est désormais visible
Le haut des  arcades ont été obturées.




Tas de gravats devant le bâtiment rue de Verdun, vu depuis le bâtiment A

Non localisé Bat A probable



Non localisé Bat A probable




Non localisé Bat A probable




FOUR TUNNEL de LIMOGES 1949

Les premiers fours tunnels industriels apparaissent fin des années 40, et sont de fabricationallemande. Nous ne savons peu de choses du four-tunnel  de Bayeux,  de construction française, qui n'a jamais bien fonctionné...

Afin de comprendre, nous proposons cette présentation d'un four-tunnel de 
-même taille
-même époque
(1949)
-même style de bâtiment
-même  énergie : gaz

installé à Limoges (et qui a fonctionné jusqu'en 1991).

En 1949, la Compagnie Générale de Construction de Fours, réalise son nouveau four tunnel (procédé Bernardaud) à Limoges alimenté au gaz de ville puis au gaz de Lacq. (35 m de long)

Il s'agit de l'un des premiers fours-tunnels opérationnels à Limoges, et le seul conservé de cette période.

A noter que ce type de four-tunnel s'est développé et généralisé.

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  • Datation : 2e quart 20e siècle, 1949, daté par source.

  • Auteurs : S.A. Gérantex (ingénieur) ; Compagnie Générale de Construction de Fours (entrepreneur), attribution par source.
  • COMMENTAIRE HISTORIQUE:
Ce four-tunnel a été construit par la S.A. Gérantex, associée à la Compagnie Générale de Construction de Fours, breveté sous le nom de "procédé Bernardaud" (1947), et inauguré le 28 mai 1949. Il fut mis au point par Michel Bernardaud et M. Baudet, directeur de l'usine à gaz de Limoges. Il était alimenté au gaz de ville puis au gaz de Lacq. Les équipements de mesure, contrôle et conduite du four ont été réalisés par le constructeur allemand Ludwig Riedhammer de Nürnberg (avec instruments de mesure du constructeur Union, de Karlsruhe - Baden, en Allemagne). Il a cessé de fonctionner en 1991, lors de l'arrêt de la production sur le site. Depuis il est intégré dans le parcours muséographique mis en place par la société Bernardaud dans une partie de ses locaux. Il est l'un des premiers construits à Limoges, après celui des établissements Legrand en 1939 destiné à la cuisson des porcelaines électrotechniques.

  • DESCRIPTION SITUATION : en ville

  • MATERIAUX Gros œuvre : métal ; brique

  • STRUCTURE Dimensions : 350 L ; 120 la ; 220 H

  • COMMENTAIRE DESCRIPTIF:
Ce four est construit en brique, avec ossature métallique. Il fonctionnait 24 heures sur 24, pour une cuisson de l'émail à 1400 °C. D'une longueur de 35 mètres, la durée de passage d'un wagonnet était de 32 heures environ, parcourant moins de 2 centimètres par minute : 20 heures de cuisson, 12 heures de refroidissement.
Chaque wagonnet, formant la sole du four, avait une capacité de charge de 1 m3. 24 wagonnets circulaient à l'intérieur du four, 15 à l'extérieur. 24 brûleurs étaient répartis de chaque côté de la première moitié du four, assurant la montée progressive de la température jusqu'au centre du four (1410 °C). Dans la seconde moitié du four s'opérait le refroidissement à l'air. Chaque extrémité du four est obturée par une porte qui coulissait verticalement, soulevée à l'entrée ou la sortie d'un wagonnet.

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