La création

 Les Bénédictines, une fois la révolution terminée,  ne peuvent réintégrer leur monastère qui sera acheté en 1812   par Mr Langlois pour installer une fabrique de porcelaine, tandis que l'herbage deviendra le cimetière municipal. 

L'histoire de la porcelaine de Bayeux  se présente en 3  étapes liées aux familles qui se sont succédées à la tête de la manufacture : Langlois (1812-1849), Gosse (1849-1878) et Morlent (1878-1851)

Cette fabrique cessera de fonctionner en 1951. Le bâtiment sera longtemps à l'abandon avant d'être entièrement rénové au début des années 2000 pour devenir une résidence, nommée " Le Monastère".


P. J. Langlois : le fondateur 

Né à Lasson en 1759,  P. J. Langlois exerce d'abord la profession de marchand ferronnier d'art à Tilly-sur-Seulles. Il est doué d'un sens artistique très développé et emploie ses loisirs à faire de la peinture. Il s'installe ensuite à Caen et vit la période troublée de la Révolution, durant laquelle il fait partie de différents comités et accède à la présidence du Tribunal de Commerce.

Portrait de  PJ Langlois, modelé en 1830
par manufacture de Bayeux

Très préoccupé par les affaires publiques, il devient maire de Caen du 30 mai 1794 au 24 septembre de la même année. Après la Révolution, il se lance dans la finance et se fait banquier. Sa première épouse étant décédée, il se remarie en 1798 à Marie-Jeanne Le Cavelier, fille d'un industriel important.

En 1801, ses affaires l'amènent à Valognes, où la manufacture de porcelaine est en mauvaise posture financière. Pierre-Joachim passe alors plusieurs mois à la manufacture de Sèvres, où il étudie la fabrication de la porcelaine et en 1802, les actionnaires de Valognes lui confient la direction de l'entreprise. Elle prospère durant dix ans, mais suite à des rivalités entre actionnaires, la société d'exploitation qui arrive à expiration est dissoute le 4 juin 1812.


L'ancien Monastère devient une fabrique de porcelaine 

Muni d'une solide expérience, P.J. Langlois poursuit l'activité en la transférant à Bayeux et l'acquisition des bâtiments de l'ancien monastèrele 9 juin 1812 , en est l'acte de fondation. Le couple Langlois arrive à Bayeux avec ses cinq enfants, une partie de son personnel qui ne compte alors que 20  employés et le matériel de l'ancienne fabrique.

La situation géographique de Bayeux est très favorable aussi bien pour l'approvisionnement en combustible et en matière première que pour l'écoulement de la production.  Bénéficiant  à ses portes du bois nécessaire pour alimenter les fours, la manufacture se situe à moins de 10km de la mer, par laquelle transite le kaolin des Pieux, où ce gisement d'argile blanche n'est lui-même distant que de 5km de Diélette, son port d'embarquement. De plus, la ville est placée sur l'axe principal de communication entre la Normandie et la capitale où P.J. Langlois ouvre un dépôt, faubourg St Martin.

Ci-après des documents du XIX° permettant de mieux comprendre  l'organisation et le fonctionnement de la manufacture de porcelaine. 

Plan Interactif







PLANS ( 1884 à 1948) 

A REMARQUER
-Les deux bâtiments juxtaposés avec toiture en pente à deux pans servant de fours de cuisson,  en prolongation du Bâtiment B aujourd'hui détruits et remplacés par le bâtiment C. 
Il s'agissait de bâtiments abritant trois fours à 1400° (un four 26a de 30 m3 et 2 fours 26b de 40 m3).
L'étage comprenait les globes de cuisson et permettaient de cuire à 800°.
avec également la présence au fond d'un bâtiment ouvert (actuellement  garage)
La gazetterie ? : fabrique les protections en terre réfractaire utilisée pour l'enfournement et la cuisson des céramiques et porcelaines dans les fours.
Dans la cour, en périphérie des séchoirs.






PHOTOS DES BATIMENTS en 1890
source : La Porcelaine de Bayeux 1812-1951 De la fabrication à la collection. Musée de Baron Gérard.)


1890. Vue de la rue de la Poterie

1890. Grande cour, les 2 bâtiments pour les fours


1890.Cour Est expéditions

1890.cour Est  : expéditions
Cour et Façade bâtiment A 

1890.Ancien cloître  avec appentis
 (cuves décantation). Façade bâtiment B

1890. Ancien cloître  avec appentis à droite
Bâtiment  (angle droit) à arcades  devenu ancien four
Mais avant la manufacture : quel rôle ? 

1890. Entrée personnel et séchoirs

1890. Entrée personnel et séchoirs

1890.Aile nord, escalier tourneurs

1890. Jardin avec fours à l'arrière
1890.Aile Nord : bâtiments fours

1890.Aile Nord : bâtiments fours

1890.Menuiserie
1890.Gazetterie

1890.Habitation rue de Verdun

1890.Habitation  rue de Verdun

1890.Habitation côté jardin

1890.Habitation côté jardin

1890.Habitation, côté jardin

1890.Jardin

Une rare photo vue du "parc" de la façade arrière du bâtiment A et, à gauche, le bâtiment B avec les voutes du cloître  cachées par les appentis 










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